Fibrillation auriculaire et AVC : ce que vous devez savoir pour vous protéger

L’accident vasculaire cérébral (AVC) est l’une des principales causes de décès et de handicap dans le monde. Parmi les nombreux facteurs de risque, la fibrillation auriculaire (FA) joue un rôle majeur, bien que souvent méconnu du grand public. Ce trouble du rythme cardiaque favorise la formation de caillots sanguins qui, en migrant vers le cerveau, peuvent obstruer une artère et provoquer un AVC.

Pourtant, avec une prise en charge adaptée et des mesures de prévention efficaces, il est possible de réduire considérablement ce risque. Cet article vous explique le lien entre la fibrillation auriculaire et l’AVC, ainsi que les solutions existantes pour vous en protéger.

Qu’est-ce que la fibrillation auriculaire et l’AVC ?

La fibrillation auriculaire est un trouble du rythme cardiaque caractérisé par des battements irréguliers et souvent rapides des oreillettes, les cavités supérieures du cœur. Normalement, le cœur bat de façon rythmée sous l’impulsion d’un signal électrique précis. En cas de FA, ce signal devient désorganisé, entraînant une contraction inefficace des oreillettes. Cela perturbe la circulation du sang et peut provoquer la formation de caillots.

De son côté, l’accident vasculaire cérébral (AVC) survient lorsque l’apport sanguin vers une partie du cerveau est interrompu. Il existe deux types principaux d’AVC :

  • L’AVC ischémique, qui représente environ 80 % des cas, est causé par l’obstruction d’une artère cérébrale par un caillot.
  • L’AVC hémorragique, moins fréquent, résulte de la rupture d’un vaisseau sanguin dans le cerveau.

Lorsque la FA entraîne la formation d’un caillot, celui-ci peut migrer vers le cerveau et provoquer un AVC ischémique.

Pourquoi la fibrillation auriculaire augmente-t-elle le risque d’AVC ?

Le lien entre fibrillation auriculaire et AVC est direct : en perturbant la contraction des oreillettes, la FA favorise la stagnation du sang, ce qui facilite la formation de thrombus (caillots sanguins). En l’absence de circulation efficace, ces caillots peuvent se détacher et obstruer une artère cérébrale.

Une personne atteinte de FA a cinq fois plus de risques de faire un AVC par rapport à une personne au rythme cardiaque normal. De plus, les AVC causés par la fibrillation auriculaire sont souvent plus graves, entraînant un taux de mortalité plus élevé et un risque accru de séquelles invalidantes.

La difficulté réside dans le fait que la fibrillation auriculaire est parfois silencieuse, sans symptômes perceptibles. Beaucoup de patients ne découvrent leur condition qu’après un AVC, d’où l’importance d’un dépistage régulier chez les personnes à risque.

Quels sont les symptômes à surveiller ?

Signes de la fibrillation auriculaire

Les symptômes varient d’une personne à l’autre. Certains ressentent des palpitations cardiaques, une sensation de battements irréguliers, un essoufflement inhabituel, une fatigue persistante, des vertiges ou encore des douleurs thoraciques. Cependant, certaines personnes ne ressentent aucun symptôme, ce qui rend le dépistage essentiel.

Signes d’un AVC

Les symptômes d’un AVC apparaissent soudainement et nécessitent une prise en charge immédiate. Il peut s’agir de :

  • Faiblesse ou engourdissement d’un côté du corps (bras, jambe, visage).
  • Difficulté à parler ou à comprendre.
  • Vision trouble ou perte de vision soudaine.
  • Perte d’équilibre et maux de tête violents.

Face à ces signes, il faut agir vite et contacter immédiatement les services d’urgence.

Comment réduire le risque d’AVC en cas de fibrillation auriculaire ?

Un traitement médical adapté

La première ligne de défense contre l’AVC en cas de fibrillation auriculaire repose sur les traitements anticoagulants. Ces médicaments fluidifient le sang pour limiter la formation de caillots. Parmi les options les plus courantes, on trouve :

  • Les anticoagulants oraux directs (AOD), comme Xarelto, Eliquis ou Pradaxa, qui présentent moins de contraintes que les anticoagulants classiques.
  • Les antiarythmiques, pour stabiliser le rythme cardiaque.
  • L’ablation par cathéter, une intervention permettant de détruire les zones responsables des battements irréguliers.
  • Le pacemaker, recommandé dans certains cas sévères.

Un suivi médical régulier est indispensable pour ajuster le traitement et surveiller les éventuels effets secondaires.

Un mode de vie sain pour protéger son cœur

En complément du traitement, adopter une hygiène de vie adaptée est fondamental pour réduire le risque d’AVC. Il est recommandé de :

  • Surveiller sa pression artérielle et son cholestérol, car une tension élevée favorise la formation de caillots.
  • Réduire la consommation d’alcool et de tabac, qui augmentent le risque d’arythmie et de thrombose.
  • Pratiquer une activité physique régulière, comme la marche, la natation ou le vélo.
  • Adopter une alimentation équilibrée, riche en fruits, légumes, poissons gras et pauvre en sel et en sucres raffinés.
  • Gérer son stress, car il peut aggraver les troubles du rythme cardiaque.

L’importance d’un suivi médical régulier

Un suivi médical régulier est essentiel pour adapter les traitements et détecter la fibrillation auriculaire avant qu’elle ne provoque des complications. Les examens couramment utilisés pour le dépistage sont :

  • L’électrocardiogramme (ECG), qui enregistre l’activité électrique du cœur.
  • Le Holter cardiaque, une surveillance du rythme cardiaque sur 24 heures ou plus.
  • L’échocardiographie, pour évaluer l’état des cavités et des valves cardiaques.

Si vous avez des facteurs de risque cardiovasculaire ou des antécédents familiaux, un bilan annuel chez le cardiologue est fortement recommandé.

La fibrillation auriculaire est un trouble fréquent qui peut avoir des conséquences graves, notamment un risque accru d’AVC. Cependant, une prise en charge adaptée, associée à des mesures de prévention efficaces, permet de réduire significativement ce danger.

 

Un traitement anticoagulant, une alimentation saine, une activité physique régulière et un suivi médical régulier sont les meilleures armes pour protéger votre cœur et votre cerveau.

Si vous présentez des palpitations fréquentes, un essoufflement inhabituel ou des antécédents cardiovasculaires, consultez un cardiologue dès que possible. Prévenir un AVC, c’est agir avant qu’il ne soit trop tard !